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Féminicides : le samedi 16 novembre Angers était dans la rue


Le samedi 16 Novembre a été une journée de lutte à Angers. En plus de l’acte 53, l’anniversaire des Gilets Jaunes, une marche a eu lieu contre les violences faites aux femmes. Retour sur la marche et ses revendications et appel pour rejoindre la marche parisienne le 23 novembre.

Des larmes violettes sur les joues

Samedi 16 novembre, la ville d’Angers a vu ses rues envahies par une marche contre les violences faites aux femmes, organisée par NousToutes Angers et soutenue par l’UNEF, l’UNL, la CFDT, le Planning Familial et Génération.s. Le cortège s’est donné rendez-vous à l’esplanade Cœur de Maine et a commencé le blocage partiel du boulevard du Roi René pendant que les Gilets Jaunes bloquaient le boulevard Carnot après un rassemblement au jardin du Mail.

Un peu plus de 300 personnes ont marché contre les violences faites aux femmes. Cette marche a été organisée ce samedi pour permettre aux militants.es de se rendre également à la manifestation du samedi 23 novembre qui s’organise à Paris.

Des larmes rouges et violettes dessinées sur les joues des manifestants.es signalaient la violence toujours plus grande que subissent les femmes, que ce soit dans la rue, au travail ou dans le cercle famillial. Des violences qu’il ne faut plus ignorer et qui continuent pourtant de tuer en silence. Un discours rendant hommage aux femmes mortes sous les coups de leurs compagnons et ex-compagnons a été écouté en silence puis applaudi en souvenir à Aurélie, tuée à Angers, et en souvenir à toutes celles qui ont subit et n’ont pas été écoutées avant de mourir. Des pancartes affichaient les slogans en violet et noir « plus écoutées mortes que vivantes », « femmes battues on vous croit »,...

Récemment une vidéo choc au message sincère et puissant a été postée sur les réseaux sociaux. C’est le message d’Anne Cécile Mailfert, présidente de la Fondation des femmes qui s’exprime et s’adresse « à toi, future victime de féminicide, je suis désolée parce que demain, tu vas mourir. »

« Polanski, Police même combat ! »

L’entrée du cinéma du Champo à Paris pour l’avant-première du film "J’accuse" de Polanski a été totalement bloquée par un groupe de femmes jusqu’à l’annulation de la séance. La réaction de certains spectateurs qui justifient le viol pour l’art a été plus que choquante !

Le slogan "Polanski, Police même combat !" on ne l’entendra pas en manifestation mais c’est pourtant ce qui est dénoncé de plus en plus. Trop souvent des femmes viennent déposer plainte ou appellent le 17 dans le but d’obtenir de l’aide et de prévenir les violences conjugales ou les harcèlements, sans être écoutée. Dans 80% des cas les plaintes sont classées sans suite. Un rapport de la justice du 17 novembre reconnaît des failles dans le traitement des violences conjugales qui précèdent les crimes. Confiés à l’inspection générale de la justice, ce sont 88 dossiers d’homicides conjugaux et de tentatives d’homicides, en 2015 et 2016, qui on été définitivement jugés afin d’évaluer « d’éventuels » dysfonctionnements .

Une vingtaine de dysfonctionnements assez graves sont reconnus dans ce rapport, par exemple le lien et le suivi des personnes qui déposent plainte est très minime et c’est seulement quand le meurtre a lieu que l’on ressort des tiroirs les anciens dépôts de plainte. Les dysfonctionnements ont également lieu sur la protection des victimes, seulement 3000 ordonnances de protection sont prononcées chaque année en France alors qu’en Espagne c’est trois fois plus ! Par exemple il n’y avait que deux dossiers sur les 88 étudiés pour le rapport où la garde de l’enfant est retirée au père violent. Le rapport propose 24 recommandations au ministère de la justice pour améliorer la lutte contre les violences conjugales. Des recommandations... On parle des plaintes qui ont été recueillies mais non exploitées. Qu’en est-il des nombreuses femmes qui ont voulu porter plainte mais qui n’ont pas été prises au sérieux par les agents de police qu’elles rencontraient ? La violence et la culture du viol sont nourries par les forces de l’ordre qui agissent sous la culture du patriarcat. Quelle ironie de voir cette manifestation contre les violences faites aux femmes encadrée par les personnes qui aident les hommes à tuer les femmes.

Le garde des Sceaux déclarait ce dimanche « Très clairement, ça ne va pas... La chaîne pénale n’est pas satisfaisante ».

Agée de 20 ans, la fille de la 131e victime de féminicide disait être choquée que les forces de l’ordre ne soient pas intervenues plus rapidement et n’aient pas vraiment pris au sérieux son appel aux secours. Sa mère est morte sous ses yeux par plusieurs coups de couteau assénés par son mari.

On vous donne rendez-vous le 23 novembre à Paris pour marcher contre les féminicides et l’absence de réaction sérieuse de l’état ! Battons-nous pour protéger nos vies !

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