Infos locales Antisexisme / Féminisme

Bilan de l’année : 149 féminicides


149 c’est le nombre de femmes décédées sous les coups de leurs conjoint ou ex-conjoint, ce sont des femmes mortes parce qu’elles étaient femmes. Parce que la société patriarcale fait de la justice un instrument sexiste. Parce que la police ne va pas entendre et prendre les dépositions de plainte, parce que la justice ne traite pas les affaires, c’est la culture du viol, la culture du meurtre, c’est notre société aujourd’hui et nous ne nous laisserons pas faire.

Cette année 2019 a été l’année de l’émergence de ce mouvement, la lutte pour la vie, la justice, l’égalité, le respect. En force, collectifs, associations et individus prennent conscience et tentent de sensibiliser sur la question. Les manifestations se multiplient et frappent le train-train quotidien de cette société patriarcale. Des collages, des happenings, des discours, …

« On veut le million et pas des miettes »

Le mot féminicide ne sera pas dans le dictionnaire 2020. Le grenelle contre les violences sexistes et sexuelles n’a été que supercherie et vide politique comme les vœux de notre cher président. Une seule chose anime toutes ces femmes dans les rues, la rage de la justice pour que les meurtres cessent.

Le grenelle contre les violences sexistes et sexuelles qui s’est ouvert mi-septembre et qui s’est terminé fin novembre n’à été qu’une grande déception pour toutes les femmes et les collectifs présents. Un développement léger des instances déjà présentes, pas de budget supplémentaire, aucune mesure prise pour les forces de l’ordre qui protègent les personnes violentes.

Que fait la justice ? Du blabla médiatique. Comme si l’humiliation de cette non prise de conscience par le gouvernement face à la gravité des féminicides ne suffisait pas, Emmanuel Macron déclare rendre visite aux femmes victimes à Créteil. Une parade du mâle alpha qui ne fait que du visuel médiatique mais qui ne prend aucune mesure juridique concrète.

« Le coupable c’est toi ! »

happening à Angers en soutient aux femmes chiliennes

Après avoir vu fleurir des slogans et des phrases aux grandes lettres noires sur les murs d’Angers, Nous Toutes frappe fort pour continuer à conscientiser et à sensibiliser notre ville sur les violences conjugales et le nombre de féminicides qui ne cesse d’augmenter.
Samedi 15 décembre, alors que le marché de Noël est bondé, une dizaine de personnes se met en rang devant le théâtre, place du ralliement. Une percussion commence la rythmique et les filles, équipées de foulards violets, commencent à chanter et danser « Le violeur c’est toi. » C’est un happening de l’association Nous Toutes qui répond aux derniers événements de répression policière qui ont eu lieu au Chili. Viols, agressions et violences physiques, les femmes qui manifestent au Chili subissent des répressions d’une violence extrême par la police. Suite à cela elles ont décidé de ne pas stopper la lutte contrairement à ce que souhaiterait le gouvernement. Elles ont organisé un happening géant, les yeux bandés, elles étaient plusieurs centaines à s’exprimer le 25 novembre dernier, « le coupable c’est toi ! »
Dans le monde entier des groupes féministes reprendront cette chorégraphie et traduiront les paroles dans leurs langues. En échos aux femmes chiliennes et en soutien aux femmes victimes, la voix des françaises a fait rage et a dénoncé les supercheries d’Edouard Philippe et d’Emmanuel Macron qui, avec le Grenelle sur les violences sexistes et sexuelles, n’ont pas du tout compris l’enjeu et le fléau actuel.*

Ne les oublions pas

Parce que la lutte ne s’arrête pas, tout comme la violence ne fait pas de pause pendant les fêtes, des chaussures seules ont été positionnées sur les marches du théâtre d’Angers. Elles représentaient chacune une femme morte, des bougies y étaient disposées et les passants conscients ont pu les allumer, une phrase en dessous titrait la représentation : « Angers : ville des femmes ? »

Dans le Monde

« Des centaines de soudanaises ont manifesté à Khartoum à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence contre les femmes. Les manifestantes ont scandé "Liberté, paix, justice" » notait france info en ce 25 novembre 2019.

Au même moment, un happening a eu lieu au chili dénonçant l’encouragement du viol et des violences sexistes qu’exerce le gouvernement chilien, son armée et sa justice.

“Nous rappelons que la plupart” de ces femmes, “avant d’être assassinées, avaient été victimes de violences intra-familiales et avaient alerté la société civile, la police, la justice, des menaces qui pesaient sur elles” déclare l’une des femens qui faisait partie de la grande marche silencieuse dans le cimetière de montparnasse le 5 octobre 2019. Elles étaient plus d’une centaine.

Pour que ces violences cessent, la lutte ne cessera pas ! Nous ne les oublions pas, chaque jour sera un jour de combat, « Parce que demain ça sera peut-être toi. » STOP aux féminicides !

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