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Les partis politiques écartent des Gilets Jaunes antiracistes de leur rassemblement contre l’antisémitisme


Durant le rassemblement contre l’antisémitisme à Angers le 19 février, certain-es manifestant-es ont écarté de manière virulente quelques Gilets Jaunes qui étaient présent-es en soutien et qui interpellaient des élus sur leur politique xénophobe. Le combat antiraciste ne peut pas être sélectif !

Ce 19 février, la place du Ralliement rassemblait 500 personnes dans le cadre de l’appel national du PS pour dénoncer les actes antisémites ignobles de ces dernières semaines. L’appel national avait été rapidement repris par la grande majorité des partis politiques, des communistes aux républicains en passant par les marcheurs.

À Angers, des associations antiracistes comme la Ligue des droits de l’Homme avaient aussi relayé l’appel et des Gilets Jaunes angevin-es avaient décidé-es de rejoindre le rassemblement. Ils voulaient exprimer leur “refus de toute compromission avec la moindre dérive raciste, antisémite ou fasciste.” Mais aussi exprimer le fait que c’est par la “lutte contre (…) les politiques responsables de cette société profondément inégalitaire et violente – (…) en particulier (par les) violences faites aux milliers de personnes en détresse sur les routes de l’exil – que tomberont une bonne fois pour toutes, la xénophobie et le rejet de l’autre.” Ce qui n’a pas plus à certains manifestant-es qui auraient hué et essayé de saisir la banderole des Gilets Jaunes. Une partie de la foule aurait alors scandé “Dehors, dehors !” et des Gilets Jaunes auraient été traité-es de “racistes” en quittant la place. [1]

Pourquoi les Gilets Jaunes et leur message ont-ils été attaqués de la sorte ? Outre l’instrumentalisation des actes antisémites pour discréditer la majorité des Gilets Jaunes [2], c’est un exemple de l’antiracisme sélectif dont font preuve les partis politiques. En effet, les partis de gauche et de droite n’hésitent pas à jouer sur le rejet des exilé-es, sur le racisme contre les Roms et sur l’islamophobie pour maintenir leur côte électorale. Par exemple, à Angers, la préfecture et la mairie n’hésitent pas à utiliser l’argument xénophobe de “l’appel d’air” pour justifier les mauvaises conditions d’accueil des exilé-es et par là aspirer des voix de l’extrême-droite. [3]

Il faut bien sûr encourager les personnes qui participent aux rassemblements contre l’antisémitisme. Mais il faut rappeler que combattre l’antisémitisme sans dénoncer tous les racismes, c’est prendre le risque de s’allier à ces racismes et de renforcer les replis identitaires. Le combat antiraciste ne doit pas diviser ! Il faut agir de concert contre l’antisémitisme et contre tous les racismes !

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