Brèves Répression / Prison

Contrôle de police sur le pont Verdun ou le mépris ordinaire


Récit subjectif d’un contrôle ordinaire sur le pont Verdun dans la soirée du mardi 19 mars.

Le 19 mars, je rentre chez moi après un dîner chez un ami. Il est vingt-trois heures, je passe le pont Verdun. Je vois les bagnoles de flics qui contrôlent la zone, tout va bien… Sauf, qu’aujourd’hui ils s’arrêtent sur le pont pour fouiller un petit groupe de passants. Je m’arrête aussi pour observer.

Les voitures passent, le contrôle continu. Sur le bord du pont, je ne me sens pas tout à fait à ma place, mais je regarde, je suis témoin. Après cinq minutes environ, un flic me demande “tu traverses ?”, j’étais en face du passage piéton. Je dis que non, et je fais signe à la voiture de passer. Quelques instants après, deux policiers m’encerclent. “Qu’est-ce que tu fais là ?” Je leur répond que j’observe. C’est mon droit en tant que citoyen. Mon droit de savoir ce que la police fait dans la ville, mon droit de connaître l’application de la justice. Ils m’embrouillent. “T’as quel âge ? T’as pas d’amis ? T’as rien à faire ?” J’ai le droit d’être ici c’est un espace public.

Ils passent alors à la charge. D’abord, ils essayent de me faire dire que j’empêche le contrôle. “Tu contestes le contrôle ?” Je sais très bien qu’ils essayent de m’embarquer pour entrave à l’exercice de la justice. Je réponds que non, que je ne connais pas les circonstances du contrôle et que je ne remets pas en cause leur jugement. Ils continuent alors : “Tu ne vois pas que les personnes se sentent renforcées par ta présence ?” Classique : l’attroupement. Je dis que je suis seul et que je n’interviendrai pas. Ils continuent à se moquer de moi avec leurs sourires méprisants. “Ton boss te regardes quand tu travailles ?” Je réponds que oui. “Mais toi t’es pas notre boss…” Je résiste cinq minutes à leurs menaces et leur mépris. C’est quand ils insistent et que le contrôle d’identité me pend au nez que je pars. “Ouais, c’est mieux comme ça.” Voilà le petit récit ordinaire d’un contrôle de police sur le pont Verdun.

À lire aussi