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Halte au massacre à Gaza !



Ce jeudi 19 octobre, plusieurs associations ainsi que plusieurs syndicats suivaient l’appel à rassemblement de l’Association France Palestine Solidarité place du ralliement à 17h30. Cet appel à solidarité et pour la paix a été interdit par arrêté ce mercredi soir par le préfet, pourtant un seul mot d’ordre était inscrit : « Halte au Massacre à Gaza ! » Dans cet arrêté tout y est, même un grossier amalgame qui fait du soutien à la Palestine une caution implicite aux actes ignobles du Hamas.

Malgré cet arrêté d’interdiction, une centaine de personnes s’est rassemblée ce jeudi sur la place du ralliement. Dans une ambiance pacifique les manifestant.es ont clamé leurs revendications d’arrêt du massacre, tant celui des Palestiniens que celui des Israéliens, d’arrêt de ces guerres qui tuent massivent des civils innocents, quel que soit leur camp. Un rasemblement calme et sans heurt où seulement les forces de l’ordre sont venues embêter les participant.es pour quelques drapeaux... mais l’heure n’était pas à la répression mais au dialogue... ça change des dernières manifs !

"Suivant à la lettre les instructions du ministre de l’intérieur, le Préfet de Maine-et-Loire a pris hier soir un arrêté d’interdiction du rassemblement auquel nous appellions pour aujourd’hui 19 octobre.

Il s’agit d’une atteinte grave à la liberté d’expression qui vise à museler le mouvement de solidarité avec la Palestine.

Nous la dénonçons avec force. De plus, les termes mêmes de l’arrêté sont gravement diffamatoires à notre égard en affirmant que « la manifestation envisagée par l’AFPS vise à légitimer des actions de nature terroriste ».

Les interdictions de manifestation ne nous feront pas taire !

Nous continuerons à rappeler, comme nous l’avons fait le 11 octobre, que « la cause première de l’attaque du 7 octobre est le blocus illégal et inhumain auquel est soumise la population de Gaza depuis plus de 16 ans. La responsabilité des gouvernements israéliens successifs est totale dans cette violation constante et délibérée du droit international ».

Aujourd’hui ce sont des crimes de guerre massifs, voire des crimes contre l’humanité, que commet l’armée israélienne à Gaza par ses bombardements sur les populations civiles, la coupure de l’eau, de l’électricité, du ravitaillement, alors que le Président de la République et le gouvernement français détournent le regard.

Nous sommes plus que jamais aux côtés du peuple palestinien menacé d’une nouvelle Nakba !"

Pendant ce temps médiapart publie quotidiennement des articles sur le suivi du génocide en cours. Des centaines de milliers de personnes ont défilé dimanche à Rabat en solidarité avec le peuple Palestinien. Jamais une marche ouvertement critique envers les accords de coopération entre le Maroc et Israël n’avait rassemblé autant de monde.

Les amalgames rascistes et d’appologie au génocide se mélange et investissent les médias nationaux. Le gouvernement français ayant interdit la solidarité avec la Palestine, il est inquiétant de voir que même un rassemblement de dernière minute sur Angers les inquiète. Nous vous invitons à lire la tribune de l’écrivain Joseph Andras, qui "appel à ne pas céder aux injonctions à taire les critiques envers la politique d’Israël tant sur la colonisation que sur l’actuel pilonnage de Gaza."

Il est affligeant et inquiétant de voir le préfet présenter l’AFPS comme dangereux. La liberté de manifester ne sera désormais accordée qu’au bout d’une laisse, sauf aux rascistes qui ont pu démontrer leur haine devant l’hôtel de ville de Angers, mercredi soir. Une trentaine de fascistes tenant une banderole "l’immigration tue" sous couvert d’amalgame et de haine en tout impunité.

Extrait de l’arrêté : "Considérant que la manifestation envisagée par l’association France Palestine Solidarités s’inscrit directement et pleinement en lien avec ces évènements qu’elle vise à légitimer ; qu’une telle manifestation, eu égard à son objet, vise à légitimer des actions de nature terroriste ; qu’il existe donc un risque sérieux que soient commises des infractions pénales telles que le délit d’apologie du terrorisme, de provocation à des actes de terrorisme, d’incitation à la haine ou à la discrimination à raison de l’appartenance à une Nation ou une religion qu’il appartient à l’autorité de police administrative de prévenir ;"

Il est étrange de lire cet extrait et de vouloir croire naïvement que le préfet a enfin ouvert les yeux sur le fascisme qui circule librement dans ses rues d’Angers.
Malheureusement cet extrait parle de l’AFPS, de la CGT, de FO, de la FSU et de Solidaires et de leurs appels à rassemblement pour la solidarité, pour la fin des affrontements et pour le secours des civils. Et pendant ce temp le préfet laisse les fascistes, qui correspondent tout à fait à ces considérations, se rassembler librement...

"Qui refuse de « contextualiser » l’instant présent refuse simplement de penser"

On dénombre à l’heure qu’il est, à Gaza, plus de 2 000 morts – dont quelque 720 enfants. Qui allumera pour eux la tour Eiffel ? Certainement pas Hidalgo, mutique en la matière (il est vrai qu’elle a mieux à faire, comme taper sur Mélenchon). C’est que la bonne société aime certaines vies plus que d’autres : le racisme des civilisés. La passion coloniale inchangée. Quand des Israéliens meurent, le temps s’arrête et chacun est prié de s’aligner derrière l’extrême droite au pouvoir ; quand des Palestiniens meurent, le temps roule en silence. Après tout, les Arabes font beaucoup d’enfants.

Un : le Hamas est une organisation contre-révolutionnaire coupable de massacres injustifiables contre des civils et complice du criminel de guerre Erdoğan.

Deux : rien ne nous fera marcher derrière l’État israélien, piloté par une bande de fascistes, car rien n’autorise, politiquement et moralement, à appuyer un système de colonisation et d’apartheid responsable de crimes incalculables et de l’expansion fondamentaliste de l’organisation en question.

Trois : qui refuse de « contextualiser » l’instant présent refuse simplement de penser ; le sang ne coule pas depuis le 7 octobre mais depuis, au moins, 1948.

Quatre : qui fait mention de « victimes collatérales », à Gaza, n’a plus partie liée avec l’élémentaire humanité ; quand on bombarde un tel territoire avec une telle intensité, on ne massacre pas « accidentellement » des civils et des enfants, on les constitue d’emblée comme des cibles homologuées.

Cinq : résister à l’occupation est légitime, y compris par les armes, foi de l’ONU (et, n’en déplaise aux falsificateurs, de Nelson Mandela).

Six : cessons ces fariboles quant à « la solution à deux États », caduque aux yeux de tous les spécialistes ; Israël a rendu impossible pareille issue, reste, pour reprendre les mots de Moustapha Barghouti dans Rester sur la montagne, l’édification d’« un seul État, où tous les citoyens seraient égaux : une tête, une voix ».

Extrait de l’article de l’humanité.

Cela nous rappel amèrement le massacre du 17 octobre 1961, où la police française massacra et réprima de façons meurtrière une manifestation pacifique d’Algériens organisée à Paris par la fédération de France du FLN, dans un contexte de guerre d’indépendance algérienne. Préparée en secret, la manifestation constitue un boycott du couvre-feu nouvellement appliqué aux seuls Algériens.

Tous unies contre le rascisme, le fascisme et l’Etat repressifs. Stop aux guerres, aux génocides et aux massacres dans le monde !

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